<< view all Publications

Les empires en territoires et réseaux

GCSP Geneva Paper – Research Series n°15

Release Date:

July 2015

Download publication

Résumé

Les notions communes (identité, mondialisation, gouvernance…) qui décrivent le malordre du monde sont adéquates à son état de guerre.

Le texte propose une autre terminologie pour un cheminement vers la paix. Il part du processus par lequel les humains et les sociétés qu’ils constituent s’approprient leur milieu. La propriété est à la fois le caractère de la personne et le bien qu’elle s’approprie par la préhension matérielle et la compréhension immatérielle. Les groupes sociaux, les Etats, procèdent semblablement, constituant des hiérarchies, des dominations. Ces processus sont violents, en actes ou en structures. La violence structurelle s’appelle communément pouvoir. Admise, démocratisée, légitimée, elle est contenue. Le basculement du monde depuis les années 1970 a ouvert sur un système chaotique qui va se dégradant. Les violences des marchés ont nourri des marchés de violence. La finance mondialisée, dernier stade du néo-capitalisme de marché, en démantelant les Etats, remet en questions les équilibres internes aux capitalismes nationaux autant que les relations entre Etats. Ces processus sont mis en oeuvre par des élites dissociées progressivement de leurs peuples d’origine au point de devenir des éligarchies. Les anciennes factions politiques perdent leur sens et brouillent les repères. Le désarroi accompagne la violence.

Emerge un système national / mondial hiérarchisé (SNMH) dont les forces militaires et marchandes, livrées à elles-mêmes, tout au plus accompagnées par des instances politiques gestionnaires de moins en moins démocratiques, débouchent sur des conflits internes associés à des antagonismes externes. Ces forces sont organisées en empires constitués de territoires politico-militaires et de réseaux commerciaux-informationnels-financiers. 

Face aux empires territoriaux et réticulaires, il s’agit de restaurer la raison politique, l’Etat, les citoyens dont il émane réellement, les Peuples-Nations, les coopérations régionales solidaires, les échanges équilibrés, l’architecture de sécurité, dans un monde appelé à devenir effectivement multipolaire.