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Compte-rendu « Les rendez-vous de la migration » du jeudi 12 avril 2018

Le Geneva Centre for Security Policy (GCSP), Initiatives et Changement Suisse et l’Hospice Général ont lancé conjointement en 2018 les cycles de conférences intitulées « Les rendez-vous de la migration ». La première session du 12 avril 2018 a été ouverte par l’Ambassadeur Christian Dussey, Directeur du GCSP, en introduisant le sujet de la migration avec un discours de bienvenue suivi d’une brève intervention quant au développement des activités du GCSP dans ce contexte précis. Tout au long de l’événement, Rainer Gude, de l’Initiatives et Changement Suisse, a modéré la session avec la présentation des intervenants, des sujets et des questions/réponses.

Dans la première session «Routes migratoires et camps de réfugiés un long périple », l’événement a débuté avec l’intervention de Monsieur Bawélé Tchalim, Chargé de Programmes à l’Organisation Mondiale de la Migration (OIM). Pendant sa présentation Monsieur Tchalim s’est concentré majoritairement sur les perceptions de la migration dans un contexte mondiale. Après de nombreuses années d’expériences dans la lutte contre le trafic illicite et dans la protection des réfugiés, Bawélé Tchalim a offert aux participants une introduction sur les définitions des migrants et les facteurs qui accélèrent ce phénomène.

La complexité du sujet, comme l’a indiqué l’intervenant, est communiquée à travers les divers sujets de désaccords entre les chiffres officiels et les définitions du migrant. En effet, Monsieur Tchalim, a démontré que en 2015 « plus d’un million de migrants arrivent par an en Europe » comparé aux chiffres bien plus importants des premiers pays d’accueils considérés pour la plupart en voie de développement (le Pakistan et la Libye sont nommés). Il est important de noter que seulement un quart des migrants dans le monde, sont des migrants internationaux. Bawélé Tchalim s’est également concentré sur la thématique de la migration dans le contexte socio-économique et de l’opinion publique dans les pays occidentaux face à ce phénomène. Monsieur Tchalim a indiqué que ce phénomène mondial est en pleine croissance avec des chiffres alarmants pour les décennies à venir.

Bruno Jochum, ex-directeur général de MSF Suisse et cadre en résidence au GCSP, a présenté le sujet à travers ses nombreuses années d’expériences dans divers pays en conflits. L’approche de Monsieur Jochum dérive des observations faites dans les camps de réfugiés dans les pays tels que l’Erythrée, le Nigeria et le Kenya ; entre autres. Bruno Jochum s’est servi de photos faites dans les camps de tous ces pays afin de démontrer le taux de misère et les persécutions qui ont lieux, pour certains, tel que le camp de Dadaab mis en place en 1991. Selon Monsieur Jochum, l’aide aux réfugiés mondiale est représentative de la situation d’internement de ces réfugiés dans les camps en question. En effet, les migrants internationaux qui se trouvent dans les camps sont systématiquement interdits de sortir et de travailler due aux manques de visas et de permis de travails – souvent inquiets du sort qui leur est réservé par la nation hôte lors de larges vagues d’arrivées de migrants ou d’attaques par des groupes terroristes et des acteurs non-étatiques dans la région en question.

Bruno Jochum a donc conclu sa présentation en montrant des photos des camps de réfugiés en Grèce et dans d’autres pays européens, soulignant le manque d’exemplarité contemporaines et le manque de soutien politiques des pays européens et occidentaux dans cette crise mondiale.

Le dernier participant, Hassan Hawar, étudiant en Suisse a raconté son périple difficile en tant que réfugié Syrien au départ de Damas en 2013 pour arriver deux ans plus tard en Suisse. Son histoire malheureuse mais pleine de courage, débute dans un contexte de guerre et de désoeuvrement dans son pays natal. Son périple a été extrêmement bouleversant et compliqué en passant par des voies terrestres et maritimes. L’expérience d’Hassan était donc racontée en détails en ordre chronologique, en présentant au public les problèmes et les complications rencontrés tout au long de son trajet en passant par la Turquie, la Grèce et la Serbie. L’éloignement d’Hassan Hawar avec sa famille depuis son départ de Damas fut un des sujets dominant dans sa présentation. Ce sujet sensible démontre une fois de plus que le sort des migrants demeure une contrainte (accompagnée d’importants traumatismes ; tel que l’angoisse, le manque de nouvelles, l’éloignement) et non un choix.


La première session sur « Routes migratoires et camps de réfugiés : un long périple» a rassemblé un nombre d’intervenants avec des expériences et des histoires différentes qui ont permis à offrir aux participants, des points de vue différents sur un phénomène mondial contemporain et complexe. Le nombre d’analyses et les expériences de chaque intervenant offre aux participants de nombreux points de vues sur la situation actuelle des crises migratoires, en mélangeant présentations, discussions et dialogues.

Le GCSP, Initiatives et Changement Suisse et l’Hospice Général sont impatient d’organiser et d’accueillir la deuxième session sur « Les rendez-vous de la migration » qui sera portée sur le thème du Trauma et résilience le 14 juin 2018.

Inscrivez-vous pour la prochaine session ici